Accueil / Actualités / Un « pas de côté avec PariSudam » – L’esprit urbain

Nos actualités

Il y a quelques jours on parcourait avec vous toutes ces pistes cyclables, on parlait ‘urbanisme tactique’ et on louait le couronnement du vélo-star de nos villes…De temps en temps, quand on ne veut plus se conformer aux choses quotidiennes qui nous agitent, on vous propose un « pas de côté avec PariSudam », on prend une grande inspiration… et surtout on en garde pour soi.

—–

L’ESPRIT URBAIN-pas de côté du 25 mai 2020

Honnêtement, on avait oublié.

On a beaucoup marché, mais on ne savait plus parcourir.

Qui croit connaître mieux son quartier que celui qui l’a arpenté masqué, ce fichu kilomètre comme horizon, en pensant davantage à se dépenser plutôt qu’à contempler ?

Qui a pu regarder sa ville telle qu’elle est, au-delà du point de mire de son balcon ?

Pas grand monde à vrai dire.

 

Et c’est ce que nous avons vu, lors de la première sortie dans sa ville, après deux mois de #restezchezvous.

On a vu qu’elle était là.

Cette place imaginée pour être à l’ombre d’un grand cèdre centenaire, et au pied duquel on peut rêver, une grande avenue dont l’espace permet au piéton la déambulation, en sécurité et toute mobilité confondue, la palissade qui est en train d’être posée et qui va bientôt se voir ornée d’un graff comme une faille paysagère vers une forêt équatoriale.

C’est encore les installations de jeux que les enfants n’avaient plus touchés devant le groupe scolaire, un city stade qui a été déserté et qui retrouve ses joueurs de basket au complet, pendant que leurs parents se rendent à vélo dans le centre-ville, en contournant le chemin habituel pour tester les nouvelles pistes cyclables qui ont illuminé les routes franciliennes en quelques semaines.

Ce sont ces fleurs et ces arbustes qui ont grandi discrètement et sans public et qui attirent à présent le regard, à nouveau candide, comme lorsqu’on voyage dans un pays étranger.

Ce jardin d’ailleurs qui est partout dans la rue, car il a été paysagé ainsi et qui permet l’apaisement dès qu’on le chemine.

Un nouvel immeuble se dresse devant nous, parfaitement détaché comme s’il avait toujours été là, son contour répond à l’architecture déjà palpable du quartier et qui nous rend fiers de l’habiter. Il répond à un autre signal fort de l’autre côté de la rue, qui n’est pas réalisé par le même architecte mais dont il a bien fallu tenir compte puisqu’ils se font échos et eux aussi semblent avoir créé un rapprochement à force d’être les nouveaux détenteurs du loisir, et de la culture virtuelle qui a occupé ses habitants pendant le confinement.

C’était les « derniers endroits où l’on sort » il y a encore quelques temps…

Ce sont encore ces voisins que nous n’avions jamais croisés aussi bien qu’en les admirant taper sur un tambour à 20h chaque soir, pour saluer le personnel hospitalier, et avec lesquels nous avons plaisir à co-habiter à présent.

Traverser cette passerelle, un ouvrage nommé LIEN en faveur de son principal usage et qui nous conduit à nouveau nous fournir en fruits et légumes de saison, sur un marché de quartier.

Ce sont tous les passages que nous avons empruntés à pied, pour s’aérer, et découvrir de nouvelles voies, qui forment aujourd’hui des lieux révélés, et qui continuent d’être pratiqués, en rapprochant les habitants de différents quartiers, à l‘heure des distanciations.

C’est enfin notre quartier que nous pensions connaître par cœur à force de ne pas avoir le droit de le quitter et que nous nous apercevons ne plus vouloir délaisser.

Fermer les yeux, ressentir sa ville, et se sentir libre.

 

 

Date de publication: 26/05/2020

Autres actualités

retour Retour à l'accueil