[Le Bon Profil] Découvrez Narguesse Nazer, Directrice du développement économique chez Paris Sud Aménagement.
Elle s’appelle Narguesse NAZER. Elle a passé son enfance à Téhéran, aujourd’hui elle vit à Cachan, et entre les deux, il y a tout sauf une ligne droite. Il y a une manière d’habiter le monde par le territoire, par le collectif, par ce qui relie les gens entre eux. Chez Narguesse, la ville c’est un espace vécu, un lieu de frottement entre les idées, les usages, les mémoires et les gens. Un endroit où se jouent des équilibres, des débats, des solidarités, des façons de faire société.
Narguesse, c’est ce genre de profil pour qui la commune n’est pas seulement une compétence institutionnelle, mais presque une conviction intime. Elle commence par étudier l’histoire de l’urbain contemporain : pour comprendre comment les villes racontent les époques, comment elles gardent la trace des rapports de force, des élans collectifs, des oublis aussi. Puis elle bifurque vers la communication politique, avant d’ajouter un MBA en communication, médias et événementiel. Autrement dit : comprendre, écouter, raconter, embarquer. Chez elle, le parcours n’a rien d’un empilement de diplômes.
Après des expériences en direction de cabinet, puis en agence de communication et de concertation, la voilà aujourd’hui directrice du développement économique chez PariSudam. Un poste qui lui ressemble car ce qu’elle aime dans son métier, ce n’est pas simplement faire avancer des dossiers. C’est le contact avec les gens, la stratégie quand elle sert à ouvrir des chemins, et surtout la recherche de solutions nouvelles, innovantes, intelligentes, peut être parfois inattendues. Elle aime quand ça cogite, quand ça agit, quand ça relie. Et sans doute aussi quand ça résiste un peu, parce qu’il faut alors faire preuve de méthode, de conviction, et parfois d’un certain sens de la formule. Elle a un tic de langage. Au détour d’une réunion ou face à une absurdité, elle peut prononcer mi-amusée, mi-désarmée : « Mais qui fait ça ? »
Mais chez Narguesse, il y a autre chose encore. Une idée simple, presque ancienne, et pourtant terriblement actuelle : dans une ville, il faut être un collectif, il faut du lien, il faut des projets. C’est peut-être là que se loge son attachement profond au fait communal : dans cette conviction que l’échelle locale reste celle où le collectif tient, où la responsabilité se partage, où l’on peut encore fabriquer du commun. Au-delà du communal, il y a dans son parcours une autre géographie intime : celle du Grand Paris. Elle a connu les prémices des réflexions sur la question métropolitaine puis le chantier décisif du Grand Paris Express. Comme si, à côté de l’échelle local, elle n’avait jamais cessé de penser celle des liens à inventer entre les territoires.
Et puis il y a ce qui l’interpelle, ce qui la met en mouvement, ce qui dépasse la seule mécanique institutionnelle : la crise démocratique, d’abord. L’appauvrissement du débat public, cette distance qui s’installe entre les gens, cette difficulté à imaginer ensemble. Avec, au cœur de tout cela, une conviction forte : on ne réparera rien ou on n’avancera pas sans entendre enfin la voix de celles et ceux qu’on n’entend jamais. Et sans doute aussi sans réaffirmer cet attachement profond au service public, celui qui, au plus près des habitants, rend l’action publique réelle, accessible et profondément humaine. Et en ligne de fond de son parcours, il y a le combat pour les droits des femmes. Chez elle, ces sujets font partis de son parcours et de son histoire. Ils l’éclairent. Ils disent une manière de penser l’action publique comme un engagement pragmatique et avant tout profondément humain.
Aujourd’hui, Narguesse, c’est une femme de stratégie qui ne s’est jamais coupée du réel. Une professionnelle qui pense aussi au lien social, aux transitions, et à la vitalité démocratique. Quelqu’un qui sait que les territoires allient les projets et les gens qui les font vivre.
20/04/2026

