Elle est ingénieure, architecte, maman, sportive, mélomane, d’architecture et de projets qui transforment concrètement les territoires.
Alors, qu’est-ce qui porte Juliette Bochet à prendre la direction des opérations de Construction chez PariSudam, si ce n’est cette façon très personnelle de regarder les bâtiments par leurs « tripes », et les territoires par ce qui les rend vivants ?
Juliette a suivi un chemin à la fois très droit et très habité. Bac scientifique, classes préparatoires à Paris, dans le Quartier latin, puis un double cursus entre l’ESTP à Cachan et l’école d’architecture de La Villette.
Elle voulait faire de l’architecture depuis l’adolescence, fascinée par cette discipline « entre deux mondes » : un art, bien sûr, mais aussi une affaire de structure, de logique, de calcul et de matière.
Excellente élève, elle aurait pu suivre la voie tracée de l’ingénierie. Elle y est entrée, puis elle est « tombée dedans » aussi. Et c’est précisément ce double regard qui la caractérise aujourd’hui : comprendre la ville par le projet, le bâtiment par le chantier, l’espace par les usages.
Ses sujets de prédilection disent déjà beaucoup d’elle. Durant ses études, Juliette travaille sur la reconversion du patrimoine industriel, puis imagine, pour son mémoire, la transformation d’une piste d’avion d’Orly en un parc pour les habitants, dans un futur où l’aéroport n’existerait plus. Ainsi, la même question revient : comment reconstruire la ville sur elle-même ? Comment réutiliser ce qui existe ? Comment donner de nouveaux usages aux lieux plutôt que repartir de zéro ?
Car Juliette se méfie des villes ou des choses qui vont trop vite.
Son mantra pourrait sembler paradoxal pour quelqu’un que l’on décrit comme toujours de bonne humeur, enthousiaste, énergique, voire butée quand elle tient un sujet. Et pourtant : « Il est urgent de ralentir. » nous explique-t-elle.
Elle se construit petit à petit, par couches et appropriations successives, grâce aux habitants, aux commerces, aux espaces publics, à leurs habitudes et à leurs attachements invisibles.
C’est aussi ce que l’aménagement lui a appris.
Issue du monde de l’architecture, elle pensait d’abord l’espace par sa forme. En découvrant l’aménagement, elle comprend qu’un lieu ne se qualifie pas seulement par son dessin ou par ses bâtiments, mais par sa population, son économie, sa vivacité, son espace public, ses usages et cette part immatérielle qui fait qu’un endroit fonctionne, même quand il ne correspond pas toujours aux normes esthétiques.
Le chantier, lui, lui a donné autre chose : de l’assurance.
La première réunion de chantier qu’elle anime reste pour elle un moment fondateur. Non pas parce que le projet était le plus spectaculaire, mais parce que le chantier oblige à regarder le bâtiment autrement. On n’y parle plus seulement d’intentions, on y affronte la matière, les arbitrages, les tensions, les corps de métier, les délais, les réalités. On y apprend à tenir une position, à redescendre aussi, à passer d’un désaccord ferme le matin à un moment partagé l’après-midi. Une école du caractère.
Entière, directe, parfois cash, Juliette sait avec les années d’expérience, que la maîtrise d’ouvrage demande de temporiser. Son parcours l’a amenée à apprendre à tenir le cap sans abîmer la relation, à faire avancer les opérations sans oublier celles et ceux qui les rendent possibles.
Chez PariSudam, notre directrice des opérations Construction a une énergie certaine, mais aussi avec une idée forte : fabriquer la ville, ce n’est pas seulement construire. C’est comprendre ce qui est déjà là, ce qui peut être transformé, ce qui doit être transmis, ce qui doit être laissé aux habitants pour qu’ils s’en emparent.

